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Recette Suprêmes de volaille Pojarskihistorique inspirée des sources russes et du Guide culinaire d'Escoffier

Recette patrimoniale Suprêmes de volaille Pojarski — recette historique inspirée des sources russes et du Guide culinaire d'Escoffier

1. Suprêmes de volaille Pojarski

Étymologie du nom : le nom vient du patronyme de la famille Pojarski, tenancière au début du XIXe siècle d'une auberge à Torjok, ville-étape entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Un mythe historique populaire a longtemps rattaché ce plat au prince Dmitri Pojarski, mais le nom est en réalité associé à une autre famille Pojarski, propriétaire d'une auberge et d'un restaurant à Torjok.

Version optimisée : 12 août 2026.

Пожарские котлеты (kotlety pojarskie)

Découvrez l'histoire et la recette des suprêmes de volaille Pojarski, spécialité emblématique de Torjok en Russie, documentée depuis la recette imprimée de 1853 jusqu'à la codification d'Escoffier en 1903.


2. Nom dans la langue d'origine

  • Nom officiel : Пожарские котлеты (pojarskie kotlety)
  • Singulier : Пожарская котлета (pojarskaya kotleta)
  • Translittérations attestées en français : Pojarski, Pozharsky, Pojarsky, Pozharski
  • Dénomination française classique : côte de veau Pojarski / suprême de volaille à la Pojarski (Escoffier, 1903)

3. Chaîne documentaire

Cette rubrique remplace une présentation narrative unique par la chronologie des sources effectivement retrouvées, du plus ancien témoignage au plus récent :

  • Début du XIXe siècle : auberge tenue par Evdokim Pojarski à Torjok ; attribution traditionnelle de la recette à lui-même puis à sa fille Daria Evdokimovna Pojarskaya
  • Novembre 1826 : Alexandre Pouchkine adresse à son ami Sergueï Sobolevski un quatrain recommandant de déjeuner chez Pojarski à Torjok et d'y goûter les côtelettes frites
  • 1853 : première recette imprimée connue, publiée par Ignati Radetski dans l'Almanach des gastronomes, sous le titre « Côtelettes Pojarski de poulet, à la naturelle »
  • 1903 : codification française par Auguste Escoffier dans Le Guide culinaire, sous deux formes : côte de veau Pojarski et suprême de volaille à la Pojarski

La recette originelle de l'auberge de Torjok n'a pas été conservée en tant que telle ; le texte de Radetski, publié du vivant de Daria Pojarskaya, constitue la trace écrite la plus ancienne retrouvée à ce jour.


4. Variantes et versions régionales

Variante veau

Une tradition orale attribue aux premières préparations de l'auberge une base de veau haché. Cette attribution est moins solidement documentée que l'existence, dès 1853, d'une version imprimée à base de poulet ; elle ne peut donc pas être présentée comme un fait établi.

Variante volaille

Selon la tradition locale, c'est Daria Pojarskaya qui, après la mort du tenancier dans les années 1830, aurait développé la version à la volaille. Plusieurs récits circulent sur les circonstances exactes de ce passage du veau au poulet (pénurie de viande lors du passage d'un souverain, apprentissage auprès d'un cuisinier français de passage) ; aucun n'est confirmé par une source primaire unique et concordante. Ils relèvent de la légende locale et sont présentés comme tels.

Variante française codifiée

Escoffier documente, par 500 g de chair de suprêmes, l'incorporation de 125 g de mie de pain trempée dans le lait et essorée, 125 g de beurre et 1 dl de crème épaisse, avant reconstitution du suprême dans sa forme d'origine.

Variantes contemporaines

  • version au poulet enrichie de smetana ou de crème fraîche
  • version d'Alexandrova-Ignatieva (1899), avec pain trempé à l'intérieur et croûtons taillés en dés à l'extérieur, popularisée ensuite dans les cantines soviétiques
  • versions de diaspora éloignées de la recette d'origine (sauce soja, gingembre)
  • version dinde, adaptation occidentale allégée

5. Comparatif des ingrédients : version historique et version contemporaine

Corps gras

  • Version Radetski (1853) : beurre incorporé au hachis, cuisson au beurre en sauteuse
  • Version Escoffier (1903) : 125 g de beurre pour 500 g de chair, cuisson au beurre clarifié
  • Version contemporaine : beurre parfois réduit ou partiellement remplacé par de la crème, ce qui atténue le fondant caractéristique du plat

Panure

  • Version Radetski : pain râpé, puis œuf, puis pain de nouveau
  • Version Alexandrova-Ignatieva (1899) : pain trempé à l'intérieur, croûtons en dés à l'extérieur — technique qui a fixé l'image contemporaine du plat, mais qui constitue une évolution postérieure et non une caractéristique de la recette originelle de Torjok
  • Version contemporaine : chapelure fine industrielle, plus régulière

Liant

  • Version Escoffier : crème épaisse en complément de la mie de pain
  • Version contemporaine : œuf entier, parfois crème fraîche

Le plat n'étant soumis à aucun cahier des charges officiel, la fiche de conformité AOP/IGP/STG ne s'applique pas.


6. Catégorisation

  • Type de plat : plat principal
  • Sous-catégorie : viande ou volaille hachée, panée et poêlée
  • Service : traditionnel / familial, également présent en restauration gastronomique russe et dans la codification classique française
  • Nombre de portions : 4 (base de la fiche)
  • Niveau technique : intermédiaire
  • Public cible : grand public, restauration commerciale, formation professionnelle

7. Origine géographique et statut

  • Pays : Russie
  • Région : oblast de Tver
  • Ville d'origine : Torjok
  • Aire historique de diffusion : axe routier Moscou–Saint-Pétersbourg, puis ensemble du territoire russe, puis diffusion internationale via la cuisine classique française

La première version imprimée connue des « côtelettes Pojarski de poulet, à la naturelle » figure dans l'Almanach des gastronomes de Radetski (1852-1855), publié du vivant de Daria Pojarskaya, ce qui en fait la version considérée comme la plus proche de l'original.

Le plat ne bénéficie d'aucune reconnaissance AOP, IGP ou STG, d'aucune confrérie ni d'aucun cahier des charges identifiable par une source fiable.


8. Contexte culturel et historique

Citation littéraire

En novembre 1826, Alexandre Pouchkine adresse à Sergueï Sobolevski un quatrain resté célèbre : « Na dossouge otobedaï / Ou Pojarskogo v Torjke, / Jarenykh kotlet otvedaï / I otpravsia nalegke » (« Pendant ton temps libre, dîne / Chez Pojarski à Torjok, / Goûte les côtelettes frites / Et pars léger »).

Historique détaillé

L'histoire du plat commence au début du XIXe siècle dans une auberge de la petite ville de Torjok, alors halte obligée sur la grande route reliant Moscou à Saint-Pétersbourg. Daria Evdokimovna Pojarskaya, qui tenait la plus célèbre auberge de cette route impériale, y accueillait la famille impériale, des poètes, des écrivains, des ambassadeurs et des voyageurs de toutes origines. Ses côtelettes, préparées un jour pour l'empereur Nicolas Ier, restèrent durablement attachées à la cuisine russe, et Daria fut par la suite appelée à la cour à plusieurs reprises pour les y préparer elle-même.

La recette originelle de l'auberge n'a pas été conservée. Plusieurs récits circulent sur ses débuts : une tradition l'associe à une base de veau, une autre à un remplacement improvisé du veau par du poulet lors du passage d'un souverain, une autre encore à un cuisinier français de passage ayant transmis son savoir-faire en paiement de son hébergement. Aucun de ces récits n'est confirmé par une source primaire unique ; ils relèvent de la tradition orale locale et sont présentés ici avec cette réserve.

Alexandre Pouchkine, qui séjourna à plusieurs reprises à Torjok et connaissait personnellement Daria Pojarskaya, contribua à la notoriété du plat par un quatrain resté célèbre, adressé en novembre 1826 à son ami Sergueï Sobolevski. Cette diffusion littéraire précède de plusieurs décennies la première trace écrite de la recette elle-même.

C'est en 1853, du vivant de Daria Pojarskaya, que le cuisinier professionnel Ignati Radetski publie dans son Almanach des gastronomes la première recette imprimée connue, sous le titre « Côtelettes Pojarski de poulet, à la naturelle ». Cette recette prescrit de prélever les filets de poulet, de les hacher finement, d'y incorporer du beurre à hauteur de la moitié du poids des filets, d'assaisonner de sel et de poivre, de façonner des côtelettes de taille modérée, de les paner dans le pain râpé puis dans l'œuf puis de nouveau dans le pain, de les cuire au beurre fondu en sauteuse et de les servir nappées de jus.

La recette continua d'évoluer au cours du siècle suivant, notamment avec la version publiée en 1899 par Alexandrova-Ignatieva, qui introduisit le pain trempé à l'intérieur du hachis et les croûtons taillés en dés à l'extérieur, technique qui devint plus tard la référence des cantines soviétiques et qui correspond à l'image la plus répandue aujourd'hui du plat. Parallèlement, le plat entre dans la nomenclature de la cuisine française classique par l'intermédiaire d'Auguste Escoffier, qui documente en 1903, dans son Guide culinaire, la côte de veau Pojarski et le suprême de volaille à la Pojarski, avec des proportions précises de mie de pain, de beurre et de crème rapportées au poids de chair travaillée.

Le plat connut également un rayonnement international : il figurait, aux côtés du bortsch, de la koulibiac et de l'esturgeon, au menu du dîner russe présenté lors de l'Exposition universelle de Paris de 1867.


9. Matériel et ustensiles

Matériel recommandé

  • couteau ou hachoir pour hacher finement la chair, sans échauffer la préparation
  • saladier ou cul-de-poule
  • poêle ou sauteuse à fond épais (fonte ou inox), conforme à l'usage décrit par Radetski et par Escoffier
  • spatule

Comportement des matériaux

  • Poêle en fonte : bonne inertie thermique, coloration régulière, adaptée à une cuisson douce
  • Poêle en inox : diffusion correcte, neutralité chimique, nécessite une surveillance plus attentive
  • Cuisson au four : aucune source historique consultée ne mentionne ce mode de cuisson pour ce plat ; il n'est donc pas retenu dans la présente reconstitution

10. Description culinaire et ingrédients

Présentation

Petites galettes ovales, dorées et croustillantes à l'extérieur, moelleuses à l'intérieur, généralement servies deux ou trois par portion.

Ingrédients (reconstitution contemporaine pour 4 personnes, inspirée de plusieurs sources actuelles et non présentée comme la recette d'origine)

  • blancs de poulet, 500 g
  • mie de pain blanc, 100 à 125 g
  • lait ou crème fraîche, 150 ml
  • beurre doux, 100 à 125 g
  • œuf, 1 à 2
  • chapelure, quantité suffisante pour la panure
  • sel, poivre

11. Recette historique de référence (Radetski, 1853)

« Prélever sur les poulets la quantité nécessaire de filets, les débarrasser des nerfs, les hacher finement, y ajouter du beurre à hauteur de la moitié du poids des filets, mélanger, assaisonner de sel et d'un peu de poivre, façonner des côtelettes de taille modérée, les paner dans le pain râpé puis dans l'œuf et le pain, les disposer sur du beurre fondu dans une sauteuse, puis, avant le service, les faire dorer des deux côtés et servir nappées de jus. »

12. Recette codifiée (Escoffier, 1903)

Pour 500 g de chair de suprêmes : hacher finement la chair en y ajoutant 125 g de mie de pain trempée dans le lait et essorée, 125 g de beurre et 1 dl de crème épaisse. Escoffier précise, pour la version veau, de détacher la chair de l'os, de la dénerver, de la hacher avec du beurre et de la mie de pain trempée en proportions comparables, puis de reformer la côte autour de l'os avant cuisson au beurre clarifié.

13. Reconstitution contemporaine (méthode proposée pour la présente fiche)

Cette méthode est une reconstitution moderne inspirée de plusieurs recettes actuelles ; elle ne se substitue pas aux deux recettes historiques ci-dessus.

  • Temps de préparation active : 25 à 30 minutes
  • Temps de repos au froid : 20 à 30 minutes
  • Temps de cuisson : 10 à 15 minutes
  • Rendement : environ 8 pièces de 60 à 70 g, à ajuster selon les proportions retenues

Mise en place : désosser et retirer la peau des blancs de poulet ; faire tremper la mie de pain dans le lait.

Transformation : hacher finement la chair, incorporer la mie essorée, le beurre et la crème, saler, poivrer, façonner en portions ovales aplaties.

Panure et cuisson : paner selon la méthode choisie (pain râpé/œuf/pain à la manière de Radetski, ou farine/œuf/chapelure selon les usages contemporains), cuire doucement au beurre, environ 5 à 7 minutes de chaque côté, jusqu'à cuisson complète.


14. Points critiques de rupture

  • Farce trop travaillée : risque d'échauffement du beurre incorporé, entraînant une perte du fondant recherché
  • Panure : une cuisson trop vive colore la croûte avant cuisson complète à cœur
  • Cuisson : la préparation contenant de la volaille crue, une cuisson complète à cœur est requise ; il s'agit d'une exigence sanitaire moderne, distincte de la description historique qui se limite à indiquer une cuisson « à colorer des deux côtés »

15. Contrôle qualité et normes d'hygiène

Donnée historique : cuisson douce au beurre jusqu'à coloration et cuisson complète, telle que décrite par Radetski et par Escoffier.

Donnée sanitaire moderne (à appliquer en restauration professionnelle actuelle, sans lien avec la description historique) :

  • respect de la chaîne du froid pour la volaille crue
  • cuisson à cœur complète de la volaille, contrôlée à la sonde
  • conservation courte au réfrigérateur, congélation possible après cuisson
  • principes s'inscrivant dans le cadre des règlements européens relatifs à l'hygiène alimentaire

16. Sauces et accompagnements

Donnée historique : la recette de Radetski (1853) prévoit un service nappé de jus, sans autre sauce précisée.

Usages contemporains : les recettes actuelles associent fréquemment ce plat à une sauce crème-champignons ou à du beurre fondu, sans que cette association puisse être présentée comme une tradition historiquement attestée dans les sources consultées.

Accompagnement traditionnel : le plat a notamment été servi lors du dîner russe de l'Exposition universelle de Paris de 1867, aux côtés du bortsch, de la koulibiac et de l'esturgeon.


17. Astuces et conseils

Erreurs fréquentes

  • farce trop humide : mal essorer la mie de pain entraîne un affaissement à la cuisson
  • cuisson trop vive : brûle la panure avant cuisson à cœur ; privilégier une cuisson plus longue à feu moyen
  • confusion entre recette historique et reconstitution contemporaine : bien distinguer les deux dans toute présentation à visée patrimoniale

18. Service et accords

Garnitures

Pommes de terre, purée, légumes racines, salade verte — garnitures d'usage courant, sans attestation historique spécifique retrouvée dans les sources consultées.

Accord avec les vins

Aucun accord historique attesté n'a été retrouvé pour ce plat précis. Un vin blanc sec et rond ou un rouge léger constituent des suggestions générales d'accompagnement pour une volaille beurrée et panée, données ici à titre indicatif et non patrimonial.


19. Fiche nutritionnelle (valeurs indicatives)

Une préparation de référence contemporaine indique, pour une portion d'environ 100 g : 446 kcal, 6,1 g de protéines, 24,4 g de glucides et 34,6 g de lipides. Ces valeurs proviennent d'une seule recette de référence, non d'une base nutritionnelle réglementaire, et varient selon les proportions de beurre, de pain et de volaille retenues.


20. Allergènes

D'après la composition type de la recette :

  • Gluten : présence (pain, chapelure)
  • Œufs : présence (panure, liant)
  • Lait : présence (trempage du pain, crème ou beurre)
  • Autres allergènes majeurs réglementaires : absence dans la composition de base, sous réserve des ingrédients effectivement utilisés

21. Adaptations possibles

  • Version sans gluten : pain et chapelure sans gluten, faisable sans dénaturer le plat
  • Version sans lactose : substitution du lait, de la crème et du beurre par des équivalents végétaux, avec impact sur le fondant caractéristique
  • Version allégée : réduction du beurre, au prix d'un écart avec les recettes historiques de Radetski et d'Escoffier, où le beurre est un composant majeur et non accessoire

Oui — vous avez raison. Pour votre glossaire patrimonial, il faut aller beaucoup plus loin et surtout conserver la logique documentaire de votre fiche. Votre ajout est pertinent, notamment l'intégration de Radetski (1853) comme première attestation imprimée connue. Le fichier établit déjà cette piste historique et la nécessité de distinguer les sources anciennes des reconstitutions modernes.

Je proposerais cette version plus complète :

22. Glossaire

  • Пожарские котлеты / pojarskie kotlety — Traduction française : côtelettes Pojarski — Catégorie : appellation culinaire russe — Définition : préparation constituée de viande ou de volaille finement hachée, généralement enrichie de pain et de matière grasse, façonnée en galette ou en côtelette, puis cuite au beurre ; spécialité historiquement associée à la ville de Torjok, dans l'oblast de Tver. — Première attestation imprimée connue : 1853, dans l'Almanakh gastronomov d'Ignati Radetski, avec une préparation intitulée Котлеты пожарские из кур натурально, consacrée aux côtelettes Pojarski de poulet.

  • Пожарская котлета / pojarskaya kotleta — Traduction française : côtelette Pojarski au singulier — Catégorie : appellation culinaire — Définition : forme singulière de Пожарские котлеты ; désigne une préparation individuelle de type côtelette ou galette hachée à la Pojarski.

  • Kotleta / котлета — Traduction française : côtelette — Catégorie : vocabulaire culinaire — Définition : terme russe désignant historiquement une côtelette ou tranche de viande, mais également, dans l'usage culinaire moderne, une préparation façonnée à partir de viande hachée. — Origine linguistique : emprunt au français « côtelette », adapté au système phonétique et grammatical russe.

  • Пожарский / Pojarski — Traduction française : Pojarski — Catégorie : patronyme — Définition : nom de famille associé à l'établissement de Torjok auquel la tradition rattache la spécialité. — Précision historique : le nom du plat ne doit pas être confondu avec celui du prince Dmitri Pojarski, figure politique et militaire russe du XVIIe siècle ; la tradition culinaire renvoie à la famille Pojarski de Torjok.

  • Torjok / Торжок — Traduction française : Torjok — Catégorie : toponyme — Définition : ville historique de l'actuel oblast de Tver, située sur l'ancienne route reliant Moscou à Saint-Pétersbourg. — Importance gastronomique : ville traditionnellement considérée comme le berceau des côtelettes Pojarski et lieu d'implantation de l'auberge Pojarski.

  • Evdokim Pojarski / Евдоким Пожарский — Catégorie : personnage historique traditionnellement associé au plat — Définition : aubergiste de Torjok auquel la tradition attribue la création ou la popularisation initiale des côtelettes Pojarski. — Précision documentaire : son rôle exact dans l'invention de la recette ne peut être considéré comme définitivement établi par une source primaire unique.

  • Daria Evdokimovna Pojarskaïa / Дарья Евдокимовна Пожарская — Catégorie : personnage historique et figure de la tradition culinaire — Définition : fille d'Evdokim Pojarski, à laquelle plusieurs récits attribuent la mise au point ou la transmission de la version au poulet. — Statut historique : attribution relevant de récits traditionnels et de sources secondaires ; aucune source primaire unique ne permet d'établir définitivement son rôle exact dans l'élaboration de la recette.

  • Альманах гастрономов / Almanakh gastronomov — Traduction française : Almanach des gastronomes — Catégorie : source culinaire primaire — Définition : ouvrage en plusieurs volumes du cuisinier russe Ignati Radetski, publié à Saint-Pétersbourg au XIXe siècle. — Importance documentaire : l'édition de 1853 constitue une source majeure pour l'histoire imprimée des côtelettes Pojarski et contient une préparation de poulet intitulée Котлеты пожарские из кур натурально.

  • Ignati Radetski / Игнатий Радецкий — Catégorie : cuisinier et auteur culinaire russe — Définition : auteur de l'Almanakh gastronomov, ouvrage culinaire publié à Saint-Pétersbourg au milieu du XIXe siècle. — Importance pour la recette : sa publication de 1853 fournit une attestation imprimée ancienne de la préparation Pojarski au poulet.

  • Котлеты пожарские из кур натурально — Traduction française : côtelettes Pojarski de poulet, au naturel — Catégorie : intitulé de recette historique — Définition : intitulé apparaissant dans l'Almanakh gastronomov de Radetski en 1853 ; constitue une attestation documentaire particulièrement importante de l'existence d'une préparation Pojarski à base de poulet au XIXe siècle.

  • Suprême — Catégorie : technique et appellation de la cuisine française classique — Définition : filet de volaille levé avec une partie de l'aile, terme employé dans la nomenclature française classique. — Application au plat : Auguste Escoffier utilise l'appellation « suprême de volaille à la Pojarski » dans le Guide culinaire de 1903 pour désigner la version française codifiée de la préparation.

  • Côte de veau Pojarski — Catégorie : appellation de cuisine française classique — Définition : préparation de veau haché ou finement travaillé, enrichi notamment de beurre et de mie de pain, puis reconstitué sous la forme d'une côtelette. — Source : recette codifiée par Auguste Escoffier dans le Guide culinaire de 1903.

  • Suprême de volaille à la Pojarski — Catégorie : appellation de cuisine française classique — Définition : adaptation française de la préparation Pojarski appliquée au suprême de volaille ; Escoffier décrit une farce de volaille enrichie de mie de pain, de beurre frais et de crème, puis façonnée de manière à retrouver la forme du suprême original.

  • Pojarskaïa / Пожарская — Catégorie : adjectif russe — Définition : forme féminine de l'adjectif dérivé du patronyme Pojarski, notamment employée dans l'expression Пожарская котлета au singulier. — Fonction : indique l'appartenance ou l'association à la famille Pojarski.

  • Smetana / сметана — Traduction française : crème aigre — Catégorie : produit laitier russe — Définition : crème fermentée traditionnellement utilisée dans la cuisine russe. — Usage dans les Pojarski : présente dans certaines adaptations modernes ou régionales, mais ne doit pas être présentée comme un ingrédient obligatoire de la recette historique.

  • Mie de pain — Catégorie : ingrédient et élément technique — Définition : partie intérieure du pain blanc, utilisée dans les préparations Pojarski comme élément de liaison et pour contribuer au moelleux de la farce. — Importance technique : dans les versions historiques, elle est généralement trempée dans du lait ou un liquide lacté puis exprimée avant incorporation.

  • Beurre frais — Catégorie : matière grasse — Définition : beurre non rance incorporé directement à la préparation ou utilisé pour sa cuisson. — Importance technique : son incorporation dans la farce constitue l'un des traits caractéristiques des versions classiques documentées, notamment chez Escoffier.

  • Crème épaisse — Catégorie : produit laitier — Définition : crème utilisée dans certaines versions classiques de la farce afin d'en accroître le moelleux et la richesse. — Source patrimoniale : présente explicitement dans la formulation du suprême de volaille à la Pojarski d'Escoffier.

  • Torjok / route Moscou–Saint-Pétersbourg — Catégorie : contexte historique et géographique — Définition : Torjok constituait une étape importante sur l'axe historique reliant les deux capitales russes, ce qui favorisa la diffusion de la réputation de l'auberge Pojarski auprès des voyageurs.

  • Alexandre Pouchkine / Александр Пушкин — Catégorie : écrivain russe — Définition : poète et écrivain russe associé à la renommée historique des côtelettes Pojarski par une lettre adressée à Sergueï Sobolevski en 1826, dans laquelle il recommande de manger chez Pojarski à Torjok.

  • Guide culinaire — Catégorie : ouvrage culinaire de référence — Définition : ouvrage d'Auguste Escoffier, publié en 1903, qui codifie plusieurs préparations de la cuisine française classique. — Importance pour les Pojarski : il contient notamment les recettes « Côte de veau Pojarski » et « Suprême de volaille à la Pojarski », attestant l'intégration du plat dans la haute cuisine française du début du XXe siècle.

  • August Escoffier / Auguste Escoffier — Catégorie : chef et auteur culinaire français — Définition : cuisinier français majeur de la codification de la cuisine classique française. — Importance documentaire : son Guide culinaire de 1903 constitue une source primaire essentielle pour l'étude de la réception et de l'adaptation française des préparations Pojarski.

  • Reconstitution historique — Catégorie : méthodologie patrimoniale — Définition : recette reconstruite à partir de plusieurs sources historiques lorsqu'une formulation originale unique et incontestable n'est pas conservée. — Application aux Pojarski : la recette proposée dans la présente fiche doit être considérée comme une reconstitution documentée, et non comme la reproduction certaine de la recette servie à l'auberge Pojarski au début du XIXe siècle.

  • Tradition orale — Catégorie : transmission patrimoniale — Définition : ensemble de récits transmis sans documentation primaire unique permettant d'en vérifier définitivement l'exactitude. — Application aux Pojarski : plusieurs récits concernant l'origine précise de la version au poulet, le rôle de Daria Pojarskaïa ou l'intervention d'un souverain relèvent de cette catégorie et doivent être distingués des attestations imprimées.

  • Première attestation imprimée connue — Catégorie : terminologie documentaire — Définition : première occurrence identifiée d'un plat ou d'une appellation dans une publication imprimée conservée et vérifiable. — Application aux Pojarski : la présente fiche retient 1853, avec l'Almanakh gastronomov de Radetski, pour l'attestation imprimée connue de la préparation Pojarski au poulet.
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23. Droits et propriété intellectuelle

Une recette, prise comme liste d'ingrédients et succession d'opérations techniques, relève du domaine commun des connaissances culinaires. Escoffier lui-même avait souligné que le cuisinier ne dispose pas, contrairement à l'écrivain ou au musicien, d'un recours contre le plagiat de son œuvre, un mets largement diffusé tombant en quelque sorte dans le domaine public au point que l'on ne sait généralement plus qui l'a inventé, quand, où ni comment. Le plat ne fait l'objet d'aucune marque déposée ni d'aucune protection collective identifiable.


24. Bibliographie

Sources primaires

  • Radetski I. M., Альманах гастрономов, livre II, Saint-Pétersbourg, 1853, p. 105-106 — ressource numérique : Bibliothèque d'État de Russie, dlib.rsl.ru/viewer/01004434500
  • Escoffier A., avec Gilbert P. et Fétu E., Le Guide culinaire. Aide-mémoire de cuisine pratique, Paris, 1903 — texte consultable sur Gallica (gallica.bnf.fr) et Wikisource
  • Pouchkine A. S., lettre-quatuor à Sergueï Sobolevski, novembre 1826, citée par le musée de Tver

Sources institutionnelles

  • Musée virtuel de la bibliothèque régionale de Tver Gorki, page « Пожарские котлеты » (museum.tverlib.ru/pozharskie-kotlety)

Sources secondaires et professionnelles

  • Grokipedia, article « Pozharsky cutlet »
  • Gastronom.ru, dossiers « Пожарские котлеты: из XIX в XXI век »
  • AiF Tver et AiF Ougra, articles sur l'histoire du plat

Sources tertiaires (à titre complémentaire uniquement)

  • Wikipédia (français et anglais), articles « Kotlety » et « Pozharsky cutlet »
  • Sites de recettes grand public utilisés pour la reconstitution contemporaine (lesfoodies.com, la-viande.fr, recettes-et-terroirs.com)
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